J'écoute : FIP 105.1 Je regarde : mon écran Je lis : le Grevisse, treizième édition Je joue : à regarder le plafond Je mange : léger le soir, moins léger le midi Je bois : de l'eau Je cite : « Cet être animé, d'où vient-il sinon de toi, Seigneur ? est-on l'ouvrier de sa propre fabrique ? » Saint Augustin, Les Aveux. * Attrapez le livre le plus près de vous. Maintenant. * Allez à la page 56. * Trouvez la 5e phrase. * Écrivez cette phrase dans votre statut. * Copiez ces instructions en commentaire à votre phrase. * Ne cherchez pas votre livre préféré ou le plus cool mais bien le plus proche Je pense : à des trucs cochons (mis à jour dimanche 21 février 2010 à 01:11)
Où il a fallu que j'organise la visite de Paris pour 40 gus
Actuellement mon taf est d'organiser un séminaire international de quatre jours à Paris pour une quarantaine de gus qui viennent de tous les pays du Monde. Après deux jours de réunion à la Défense, j'avais pris le parti de les sortir un peu dans Paris. La meilleure solution est de louer un bateau et de les promener sur la Seine pour un dîner. La boîte a donc loué le "Montebello", jolie navette à notre disposition pour nous seuls ce soir.
Les gus sont contents, malgré le temps pas trop tip top pour un mois de juin. Il n'a cependant pas plu, et ils ont pu prendre l'apéro de 20h à 20h30 sur le pont, le temps de dépasser Notre-Dame de Paris. Ensuite, ce fut dîner dans la salle du bas.
Tout cela se passa bien, surtout ce soir à la table, où j'avais une Australienne sympa, sa copine de travail Sud-Africaine, deux Italiens (je veux dire un Italien très choupinou mais marié et une Italienne blonde mais pas con pour autant), un Hollandais avec qui on peut causer français, un Belge du Nord, mais qui parle français quand même. Rhâaa que du bonheur. Cela me change du précédent séminaire du genre à Amsterdam.
Encore deux jours de séminaire à me cogner, y compris des rencontres avec des clients dans un endroit dit de prestige. Je sens que jeudi soir, fin de la corvée, j'en aurai plein les bottes (pour rester poli).
Vive la finance internationale. Moi, je serais mieux dans les bras de mon loulou, sur une plage déserte...
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Au moment où je commence une nouvelle relation, j'ai cru bon de faire un bilan. Je me suis rendu au service du Centre de Dépistage Anonyme et Gratuit (CDAG) de l'hôpital Saint-Antoine, dans le 12è arrondissement de Paris.
Je n'ai pas voulu passer par mon médecin généraliste de Versailles, qui me suit depuis maintenant une vingtaine d'années pour mes rhumes, otites et autres chevilles foulées. Je me sens aujourd'hui davantage parisien que versaillais, et il me semblait opportun de passer la série de tests à Paris.
Le choix de l'hôpital s'est fait sur l'Internet. D'une part parce que l'hôpital n'est pas trop loin de chez moi, et d'autre part parce que j'aime bien son architecture et son histoire.
Le CDAG est situé dans le sous-sol de l'hôpital. Le personnel est extrêmement gentil et dévoué, depuis les hôtesses d'accueil jusqu'à l'infirmier qui effectue la prise de sang. Tous, visiblement, ont à coeur de dédramatiser l'acte. J'ai pu parler franchement avec eux. Cela m'a beaucoup ému. Que les partisans de l'UMP réfléchissent un peu à ceci : l'organisation des hôpitaux publics est admirable, et pourtant cela fait partie de l'idéologie du nouveau président de progressivement démanteler ce système gratuit. On sait pourtant que le personnel des hôpitaux de Paris n'est pas payé très cher. Mais quelle humanité ! Quelle dignité !
On n'a pas besoin de prendre rendez-vous. L'on est reçu immédiatement. Dans la salle d'attente, les personnes en attente du test se sont toutes comportées de façon très civile au moment où l'aide soignante a distribué les numéros de passage :
" Mais monsieur là-bas était avant moi. Qu'il prenne mon numéro.
- Merci.
- C'est avec plaisir."
Les médecins qui écoutent en premier lieu les confidences sont visiblement des hommes et des femmes qui en ont beaucoup vu mais qui restent disponibles sans jamais juger. Les infirmiers préposés à la prise de sang se font féliciter ensuite pour leur gentillesse. Avec eux, l'on n'a même pas mal quand l'aiguille s'enfonce dans le bras.
Tout cela forme une petite société où l'on se permet encore de considérer avec respect l'être humain, avec ses défauts et ses qualités.
Alors, moi je suis d'accord avec le docteur Pelloux, qui tient sa tribune tous les mercredis dans Charlie Hebdo. La médecine en France est la priorité absolue, pour que l'accès aux soins pour tous soit maintenu et que pour que l'exceptionnel personnel des hôpitaux soit valorisé. C'est la priorité. Que l'on soit de gauche ou de droite.
Je ne savais pas trop s'il fallait que je lui fasse une lettre formelle. Pour être moderne, j'ai opté pour l'Internet.
Tant de choses à lui dire, le bilan d'une année. Aujourd'hui je lui ai fait ma déclaration. Oh, oui, je sais il va me relancer, mon Trésor, pour que je lui fasse des chèques et des virements. L'argent, il l'aime bien.
Nous deux c'est pour la vie.
Il l'attendait, ma déclaration. Pas après le 19 juin.
Il est un lieu magique dans le Marais qui est le restaurant du Café de la Gare, sis 41 rue du Temple.
Là, à l'abri du bruit des voitures, dans une cour intérieure, on peut dîner, boire un verre, déconner, rire et parler fort. C'est rare, à Paris. L'endroit est aussi une école de danse.
Ce soir j'y étais pour fêter le changement de poste d'une ancienne collègue. Nous bûmes et parlâmes fort. Dans l'angle de mon champ de vision j'avais une salle de danse dans laquelle de mignons choupinets s'entraînaient très physiquement. A la fin de la séance ils ont essuyé leur sueur torse nu avec une serviette partagée entre tous.
Ah, quel beau mois de juin. Les nuits sont longues et les rêveries plus encore.
Ce soir, j'ai vu Les Chansons d'Amour, à l'UGC des Halles, dans une salle moyenne d'environ 250 personnes. Le public était varié : petits groupes homos, couples homos ou hétéros.
Je dis tout de suite que je partais avec un a priori positif. Alex Beaupain est un chanteur que j'ai découvert en 2005 avec son album Garçon d'Honneur. J'avais remarqué à l'époque que dans ses remerciements il citait Christophe Honoré. Une concrétisation de leur collaboration comme on le voit aujourd'hui est le film Les Chansons d'Amour.
Christophe Honoré, je l'aime bien. Jusque vers la fin des années 1990, il écrivait dans la revue Max. A l'époque c'était une revue généraliste mais assez gay-friendly, de qualité. Christophe Honoré décrivait notamment les relations compliquées des presque trentenaires entre eux, par exemple les états d'âmes de pédés quant à leurs relations aux filles hétérotes.
Les Chansons d'Amour est un film à chansons comme je les aime : les chansons arrivent au bon moment, laissant une bonne part aux dialogues classiques. Le film n'est pas saturé de chansons.
Pourquoi Les Chansons d'Amour est-il un film attachant ?
Parce que l'on peut filmer Garrel pendant des heures marchant dans Paris. D'autres l'ont déjà fait et on ne s'en lasse pas.
Parce que les appartements qu'habitent les personnages sont tellement parisiens : on les aime. Point de Hongrie pour le parquet, cheminées qui ne servent à rien, murs blancs.
Parce qu'Alex Beaupain chante lui-même une chanson, et qu'Alex Beaupain on aimerait l'avoir assis à côté de soi et lui faire un énorme câlin.
Parce que Leprince-Ringuet est adorable.
La relation entre Garrel et Leprince-Ringuet m'a (évidemment ?) ému. Leprince-Ringuet joue le rôle d'un lycéen dont on suppose qu'il a environ 18 ans. Garrel a environ 30 ans. Garrel refuse en premier lieu l'amour que lui porte Leprince-Ringuet. Garrel se fait alors traiter de connard par Leprince-Ringuet avant, comme on le voit à la fin du film, d'accepter et de rendre cet amour.
C'est cela qui est émouvant : l'obstination du plus jeune finit par emporter l'adhésion de Garrel. On renverse les rôles attendus. Le plus jeune est finalement le plus mûr dans sa tête au point de se battre pour convaincre le plus âgé de la possibilité d'un échange et d'une relation.
En bref, on est bien loin de la dernière nouillerie de Téchiné.
Aujourd'hui au portillon du métro, je me suis rendu compte que le mois de mai était terminé : le coupon de la carte orange du mois écoulé était refusé.
Il est passé très vite, ce mois. C'est la première fois depuis des années (ou la première fois tout court ?) que j'ai passé les week-ends prolongés à Paris, sans faire de virées dans ma Bretagne natale. Je suis resté à la maison, à l'exception d'une escapade pour un séminaire professionnel sur la côte d'Azur dont je garde un souvenir impérissable et un petit week-end au vert au fond de l'Ile-de-France.
Rester à Paris m'a permis de voir dans de bonnes conditions beaucoup d'amis chers, dont mon ami E., de sortir presque tous les soirs. De rencontrer de nouvelles personnes. D'aller un peu au cinéma, de nager, d'aller souvent au restaurant, de découvrir de nouveaux lieux de la capitale.
Des lieux magiques : ce petit square derrière Montmartre, ce bar dans le Marais, ce restaurant italien boulevard Saint-Germain, toujours en compagnie des bonnes personnes, au bon moment... Dans ces conditions, pourquoi retourner en Bretagne où, de plus en plus, je m'ennuie ?
Parmi les faits marquants de ce mois, j'ai fait mon coming-out auprès de certains de mes collègues. C'est une vraie libération. Je me sens désormais plus entier vis-à-vis d'eux.
Le bonheur est à portée de main, près de chez soi. Il y a deux ans de ça, au mois de mai aussi, j'étais sur le point d'acheter une maison de vacances dans le Finistère. Je crois que j'ai bien fait de ne pas l'acheter, car je crois que ma vie, ma vraie vie, est ici à Paris. Le jeu, le hasard et la chance font le reste.
Joli mois de mai. Et les autres à venir s'annoncent bien, aussi. La vie est belle, il faut en profiter, car elle est courte.
« Frères humains, qui après nous vivez,
N'ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis. »
Francois Villon
« Quand nous en serons au temps des cerises
Et gai rossignol et merle moqueur
Seront tous en fête
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au cœur
Quand nous en serons au temps des cerises
Sifflera bien mieux le merle moqueur »
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Le tableau du fond de l'écran est mis ici avec la très aimable autorisation de l'artiste, qui en conserve tous les droits de copie : Michel Giliberti.