Une semaine de plus au compteur
1. Le décalage horaire imposé de tout en haut pour de fumeuses raisons a encore eu un effet déprimant pour moi pendant trois jours : mes nycthémères ont déjà un rythme fragile en temps normal. Mardi, je n'étais pas encore remis du changement. Mardi était programmée une conférence téléphonique à midi, BST (British Summer Time). J'ai cherché sur l'Internet l'éventuelle perfidie dans la chose, n'étant plus sûr de l'heure à Paris et encore moins à Londres. En fait, le décalage d'une heure est préservé, entre les deux capitales, qui passent à l'heure d'été en même temps (il est toujours midi à Londres lorsque sonne une heure à Paris), cela en raison d'une Directive Européenne de 1981.
La perfidie était bien cachée : l'hiver le BST est égal au GMT (Greenwich Mean Time). Il se décale d'une heure par rapport au GMT en été, si j'ai bien compris. Il faut donc complètement oublier le GMT si on ne veut pas louper ses rendez-vous téléphoniques. Pour les Etats-Unis d'Amérique je n'ai pas encore bien tout saisi.
-- Penser à scruter dans les programmes électoraux celui des candidats qui propose un retour à l'heure du Soleil pour tout le monde.
2. Un drapeau belge à la fenêtre en guise de réponse.
Une candidate veut imposer le port du drapeau tricolore à sa fenêtre le 14 Juillet afin de montrer que chacun est fier de sa francitude. Je n'ai rien demandé de tel. Si l'on fonde une partie de son identité sur la culture et les attachements personnels à une histoire ou à une langue, je crois que je choisirais un drapeau belge. Marguerite Yourcenar et Maurice Grévisse, via leurs livres, m'apportent actuellement en matière de francitude bien davantage que la criarde Marseillaise.
-- Penser à regarder les perspectives d'emploi et le prix des loyers à Bruxelles pour une expatriation prochaine.
3. L'ordre et l'autorité.
Il faisait beau à Paris aujourd'hui. Je traînais dans le Forum des Halles. Il y a une terrasse qui surplombe un petit carrousel pour enfants -- des chevaux de bois -- sur une esplanade où s'exercent aussi de jeunes jongleurs. Je regardais tout ce petit monde bien ordonné. Le talent des jeunes jongleurs qui montraient, gratuitement, un spectacle : jouer avec des balles de jonglage. Les passants, respectueux, s'arrêtaient quelques instants, souriaient aux jongleurs. Le Soleil allait bientôt se coucher à l'ouest : il éclairait l'église Saint-Eustache. On était bien.
Quatre policiers, en uniforme, arrivèrent à pied, sans raison. Ils passèrent, l'air suspicieux, entre les jongleurs. Des balles tombèrent. L'atmosphère se tendit, devint lourde. Les policiers interrogeaient du regard les présents : « Quoi, vous avez quelque chose à vous reprocher ? ». Ils finirent par partir.
-- Penser à répéter que l'autorité est insupportable.
4. J'ai terminé ce matin la lecture du
« Liseur », de Bernhard Schlink. Ce livre, qui m'a été offert par mon ancien chef, raconte l'histoire, à l'issue de la Seconde Guerre Mondiale, d'une femme allemande qui a exercé une fonction de surveillante dans les camps de concentration.
Le livre montre deux périodes de la chose, pour résumer. Durant la première période -- en guerre -- la femme est encore illettrée et sert aveuglément l'extermination à laquelle elle est assignée. Durant la seconde, après la guerre elle apprend la langue écrite -- pendant sa détention suite aux crimes commis. C'est le narrateur du roman, qui écrit à la première personne, qui a appris à lire et à écrire à la femme en prison. A la fin de sa détention, des années et des années après la guerre, la femme a sur les rayons de sa bibliothèque, en prison, des livres de Primo Levi, et autres. Je cite (Folio 3158, p. 228) le livre sans porter de commentaire: «
[...] les témoignages des victimes jouxtaient les souvenirs de Rudolf Höss, le livre de Hannah Arendt sur Eichmann à Jérusalem et des ouvrages historiques sur les camps de concentration. »
-- Penser à utiliser la culture comme une arme de combat, même si le raccourci est simple.
01/04/07 - 22:48
Entièrement d'accord sur les trois premiers points !
elfling