J'écoute : FIP 105.1
Je regarde : mon écran
Je lis : le Grevisse, treizième édition
Je joue : à regarder le plafond
Je mange : léger le soir, moins léger le midi
Je bois : de l'eau
Je cite : « Cet être animé, d'où vient-il sinon de toi, Seigneur ? est-on l'ouvrier de sa propre fabrique ? » Saint Augustin, Les Aveux. * Attrapez le livre le plus près de vous. Maintenant. * Allez à la page 56. * Trouvez la 5e phrase. * Écrivez cette phrase dans votre statut. * Copiez ces instructions en commentaire à votre phrase. * Ne cherchez pas votre livre préféré ou le plus cool mais bien le plus proche
Je pense : à des trucs cochons
(mis à jour dimanche 21 février 2010 à 01:11)

01/04/2007

01/04/07 - 22:30

Une semaine de plus au compteur




1. Le décalage horaire imposé de tout en haut pour de fumeuses raisons a encore eu un effet déprimant pour moi pendant trois jours : mes nycthémères ont déjà un rythme fragile en temps normal. Mardi, je n'étais pas encore remis du changement. Mardi était programmée une conférence téléphonique à midi, BST (British Summer Time). J'ai cherché sur l'Internet l'éventuelle perfidie dans la chose, n'étant plus sûr de l'heure à Paris et encore moins à Londres. En fait, le décalage d'une heure est préservé, entre les deux capitales, qui passent à l'heure d'été en même temps (il est toujours midi à Londres lorsque sonne une heure à Paris), cela en raison d'une Directive Européenne de 1981.
La perfidie était bien cachée : l'hiver le BST est égal au GMT (Greenwich Mean Time). Il se décale d'une heure par rapport au GMT en été, si j'ai bien compris. Il faut donc complètement oublier le GMT si on ne veut pas louper ses rendez-vous téléphoniques. Pour les Etats-Unis d'Amérique je n'ai pas encore bien tout saisi.
-- Penser à scruter dans les programmes électoraux celui des candidats qui propose un retour à l'heure du Soleil pour tout le monde.

2. Un drapeau belge à la fenêtre en guise de réponse.
Une candidate veut imposer le port du drapeau tricolore à sa fenêtre le 14 Juillet afin de montrer que chacun est fier de sa francitude. Je n'ai rien demandé de tel. Si l'on fonde une partie de son identité sur la culture et les attachements personnels à une histoire ou à une langue, je crois que je choisirais un drapeau belge. Marguerite Yourcenar et Maurice Grévisse, via leurs livres, m'apportent actuellement en matière de francitude bien davantage que la criarde Marseillaise.
-- Penser à regarder les perspectives d'emploi et le prix des loyers à Bruxelles pour une expatriation prochaine.

3. L'ordre et l'autorité.
Il faisait beau à Paris aujourd'hui. Je traînais dans le Forum des Halles. Il y a une terrasse qui surplombe un petit carrousel pour enfants -- des chevaux de bois -- sur une esplanade où s'exercent aussi de jeunes jongleurs. Je regardais tout ce petit monde bien ordonné. Le talent des jeunes jongleurs qui montraient, gratuitement, un spectacle : jouer avec des balles de jonglage. Les passants, respectueux, s'arrêtaient quelques instants, souriaient aux jongleurs. Le Soleil allait bientôt se coucher à l'ouest : il éclairait l'église Saint-Eustache. On était bien.
Quatre policiers, en uniforme, arrivèrent à pied, sans raison. Ils passèrent, l'air suspicieux, entre les jongleurs. Des balles tombèrent. L'atmosphère se tendit, devint lourde. Les policiers interrogeaient du regard les présents : « Quoi, vous avez quelque chose à vous reprocher ? ». Ils finirent par partir.
-- Penser à répéter que l'autorité est insupportable.

4. J'ai terminé ce matin la lecture du « Liseur », de Bernhard Schlink. Ce livre, qui m'a été offert par mon ancien chef, raconte l'histoire, à l'issue de la Seconde Guerre Mondiale, d'une femme allemande qui a exercé une fonction de surveillante dans les camps de concentration.
Le livre montre deux périodes de la chose, pour résumer. Durant la première période -- en guerre -- la femme est encore illettrée et sert aveuglément l'extermination à laquelle elle est assignée. Durant la seconde, après la guerre elle apprend la langue écrite -- pendant sa détention suite aux crimes commis. C'est le narrateur du roman, qui écrit à la première personne, qui a appris à lire et à écrire à la femme en prison. A la fin de sa détention, des années et des années après la guerre, la femme a sur les rayons de sa bibliothèque, en prison, des livres de Primo Levi, et autres. Je cite (Folio 3158, p. 228) le livre sans porter de commentaire: « [...] les témoignages des victimes jouxtaient les souvenirs de Rudolf Höss, le livre de Hannah Arendt sur Eichmann à Jérusalem et des ouvrages historiques sur les camps de concentration. »
-- Penser à utiliser la culture comme une arme de combat, même si le raccourci est simple.

commentaires

01/04/07 - 22:48

Entièrement d'accord sur les trois premiers points !

01/04/07 - 23:04

1. "mes nycthémères ont déjà un rythme fragile en temps normal" : vous plaisantez ? Vous êtes une véritable marmotte !

2. Gloire au royaume de Belgique ! Longue vie à la nation belge une et indivisible ! Vive le glorieux peuple belge !

3. Tiens, ça me fait penser que j'ai encore envie d'aller en Corée du Nord (aux petits malins qui vont m'accuser d'amalgame : non, je n'ai pas dit que nous vivions sous un régime digne de la Corée du Nord).

4. En fait, je n'aurais pas forcément employé le terme de "culture", en l'occurrence. Mais sans doute parce que j'ai moi-même des présupposés. Je mettrais d'abord dans la culture, ou "la culture comme arme", des trucs plutôt littéraires/artistiques, davantage dans l'ordre de l'art que dans celui de la connaissance du monde (ou de sa connaissance scientifique), donc pas franchement « [...] les témoignages des victimes [...] les souvenirs de Rudolf Höss, le livre de Hannah Arendt sur Eichmann à Jérusalem et des ouvrages historiques sur les camps de concentration. » Mais mon approche est idiote : on peut avoir une culture historique, une culture sociologique, etc. Et par ailleurs, par culture vous visiez peut-être l'oeuvre de Schlink.

Bref, on va p'têt voir le fond. Utiliser la culture comme une arme de combat, soit, mais est-ce que ça marche ? Zat is ze kouechtionne.

01/04/07 - 23:05

(Oh, j'oubliais : c'est bien Le Liseur ? Parce que j'avais plutôt envie de le lire.)

01/04/07 - 23:07

"Le liseur" est un excellent livre.

01/04/07 - 23:25

1. Que dire à part, pourquoi ne pas rester à l'horaire d'été et ainsi profiter au beaux jours des flâneries de fin de journée... à moins que cela ne soit l'inverse ;)

2. Hum... mes "vieux relents" d'éducation louant Saint Louis et Ste Jeanne d'Arc, les mémoires de quelques hommes et d'une femme aussi (et il y en a d'autres) qui vient de nous quitter, mon attachement à certains symboles qui sont si souvent galvaudés, mon identité qui fut portée par trois voir quatre cultures sur les fonds baptismaux de ma "création" me font penser qu'au contraire, si nous pouvions avoir un morceau de chiffon fédérateur (puisqu'il sert aussi lors des rencontres festives et sportives et est alors loué), j'avoue que sans aucun sentiment guerrier, cette idée totalement "idiote" ne l'est pas tant que cela... Les "on a gagné" de cet été me font penser à cela...
Enfin, si c'était si facile de dire "beurk, beurk"... ouais, les gars, je veux bien... mais laisser le "symbole national" aux fanatiques, c'est un peu comme laisser les bijoux de famille chez ma tante... On ne les revoit que TRES rarement...
(PS particulier à mon Camarade... vous savez, tout le monde ne lit pas les 2 auteurs cités... et MOI je lis aussi Hergé :))

3. L'autorité est insupportable à compter du moment où il n'existe plus de contre pouvoir... et là, je le crains, nous sommes tous dans une certaine mesure devenus nos propres esclaves... Décadente Rome ?

4. Oui, je suis persuadé que l'ignorance ou la plume peuvent tuer bien plus qu'un fusil... Alors est ce que cela vaut le coup de "combattre un drapeau" ou ne vaut il mieux pas éduquer ?
Mais en attendant, on fait quoi ? On enferme tout le monde ou on cherche "quelque chose" pour rassembler ? ;)

Même si pour le 2. et le 4., je me range "très officièlement" derrière l'avis de Monsieur François Bayrou...

01/04/07 - 23:30

PS : J'ai oublié, et pourquoi ps y coller aussi un drapeau Européen et juste pour faire pliiiisir à Guilll un drapeau belge :op

01/04/07 - 23:40

Merci à tous de vos excellents commentaires.

Il faut être libre, je crois !!!

02/04/07 - 00:03

1. Je n'ai pas d'avis tranché sur les changements d'heure. Dans le sens du passage à l'heure d'été, il me faut aussi quelques jours pour me remettre d'aplomb. Ceci dit mes horaires sont tellement élastiques que mon nycthémère ne conviendrait à personne.

2. Les symboles ne valent que par rapport au contexte qui les porte. Le tricolore est aujourd'hui un symbole d'Etat plus qu'un symbole identitaire. Le 14 juillet je chante plus facilement "Ah ça ira, ça ira" que le chant de l'armée du Rhin. Mais si un jour sonnerait l'alarme...

3. L'autorité peut servir un ordre injuste. La force publique a la mission de protéger le citoyen. Elle est aussi par nature l'expression d'un ordre dominant. Lorsqu'un pouvoir se méfie de son propre peuple, il est malade. Dès lors l'autorité devient illégitime...

4. La culture est sans conteste un vecteur d'émancipation. Mais l'histoire racontée ici est plus une leçon d'humanisme. Tout être humain est perfectible.

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« Frères humains, qui après nous vivez,
N'ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis. » Francois Villon

« Quand nous en serons au temps des cerises
Et gai rossignol et merle moqueur
Seront tous en fête
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au cœur
Quand nous en serons au temps des cerises
Sifflera bien mieux le merle moqueur »



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